Ne lapidez pas les victimes.

Nous sommes nombreux à avoir essayé, certains ont réussi, d’autres se sont ratés.

Dans le passé, « on » enterrait les premiers hors la terre consacrée, les deuxièmes étaient poursuivis par la loi.

« NOUS » ce sont les suicidés, qui en sont mort ou bien en survécu

« ON » ce sont les autres, proches, amis, collègues, parents, soignants parfois

Maintenant, c’est vrai, les choses on changé. On plaint ceux qui en réussi leur cherchant un trouble mental, un moment de folie. Ceux qui se sont ratés, on nous soigne, avec des pilules ou avec des mots. Ou pas du tout. Souvent.

Mais surtout on leurs en veut. « Il a manqué de force », « il a été lâche », « il n’a pensé qu’a lui », « Il n’a pas pensé a moi », « au mal qu’il faisait aux proches. »

On s’en veut aussi. « Pour quoi n’ai je rien vu », « rien pu faire, »

On se plaint au aussi, Pourquoi ça m’arrive a moi, qu‘ai je donc fait pour mériter cela

J’ai essayé deux fois d’en finir. Je me suis raté deux fois. Dépression, alcoolisme, burn-out, problèmes d’argent, solitude, Un beau jour ce fut trop pour moi.

Je ne regrette pas d’être en vie. La plupart du temps.

Par contre je regrette le silence, les non dis, les refus d’en parler, les reproches parfois.

Mes 2 TS datent de plus de 2 ans. J’ai essayé d’en parler à mon entourage. Par nécessité. Mais aussi pour leur faire comprendre qu’ils n’y étaient pour rien.

Rien. Nada. Un mur de béton. Ou bien des réflexions qui blessent.

Ma mère, avec une voix remplie d’amertume : « merci pour moi ! »

 Un membre de ma famille « Bon, maintenant t’arrête tes conneries »

 Des amis : un long silence. Un silence de mort.

Il y a aussi ceux qui ont sciemment rompu les ponts.

Je ne leur en veux pas (enfin j’essaye du mieux que je peux). Le sujet est difficile, ils sont gênés, peinés. Il ne faut pas négliger leurs souffrances, les sentiments de culpabilité, d’impuissance.

Et la j’ai envie de hurler. Croyez vous que je ne me sente pas coupables. Que si j’avais pu faire autrement, je n’aurais pas choisi de ne pas tenter de me suicider ?

Oui je me sens coupable envers vous. D’avoir failli vous faire une peine immense, de vous avoir déçu,

Oui je me suis senti lâche, honteux, y compris d’avoir raté mon coup. J’avais déjà raté ma vie et j’avais même raté ma mort.

J’aurais aimé que l’on me prenne dans ses bras, pour me dire, » je suis heureux que tu sois en vie », « je suis là pour toi »

 

Comme dans beaucoup de situations, les survivants sont seuls. Bien sur il y a les thérapeutes pour aborder le sujet. Mais l’affectif est absent.

Addendum 5/11/20014 17:31

Quelque très rares personnes sont venue vers moi après mes tentatives. deux amis d’internet et des cousins; tous de l’autre bout du monde, m’ont dis que je leur manquerai si je disparaissais. Et un ami ici m’a proposé de m’accueillir si je n’allais pas bien.

Les suicides d’appel.

Souvent, on les minimise. N’oublions pas que c’est déjà un symptôme d’un mal être qui doit être pris en compte. Sans oublier que certains suicides d’appels se sont terminés par la mort. A la surprise de l’entourage qui pensait « oh ! Il le fait tout le temps, » « c’est pour se rendre intéressant », « on n’y crois plus » Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

L’euthanasie

Ce sujet n’a absolument rien à faire dans ce post. C’est un autre débat. Il s’agit (ou devrait) d’une décision réfléchie, discutée, sujette a controverse. J’en parlerai sans doute une autre fois

Que faire :

Avant

Si vous étés suicidaires cherchez de l’aide.

http://www.sante.gouv.fr/que-faire-et-a-qui-s-adresser-face-a-une-crise-suicidaire.html

Appeler à l’aide un ami, un membre de la famille. Un professeur, un homme d’église, ils peuvent vous aider ou au moins agir pour vous.

Si vous avez peur de passer à l’acte, vous pouvez aussi vous présenter dans les services d’urgence du service psychiatrique.

Si un de votre proche est suicidaire, qu’il y fasse allusion ou que vous le soupçonniez.

Parlez lui, sans moraliser, soyez présent, ne le laissez pas tomber

De bons conseils sur ce site

http://www.barbery.net/psy/suicide/quefaire.htm

Si il vient d’essayer de se suicider :

Prévenez les secours donnez tous les détails d’adresse, code téléphone etc. Sans tarder. Tant pis si « ce n’était pas si grave ». Une tentative de suicide doit toujours être considérée comme une urgence médicale et psychiatrique.

Après une tentative.

Si il est a l’hôpital, rendez lui visite

Évitez la morale !

De toute façon, parlez lui, témoignez lui de l’affection. Si il a enviée parler de sa tentative, écoutez le. Sans jugement. Il peut aussi ne pas vouloir en discuter. Respectez son silence mais dites lui que vous êtes et que vous serez la pour lui ou elle.

Dans un autre post, je m’adresserai à la souffrance des proches

Beautiful teenager girl worried and a boy comforting her

Publicités
Cet article, publié dans psychologie, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s