Quelques réflexions après 20 mois sans alcool 2eme partie La sortie du gouffre .

« Bon, c’est bien, tu as arrêté de boire, c’est cool, maintenant il te faut retrouver du travail, faire ta vie, après ce désagréable épisode de ta vie, etc. »
C’est ce que j’ai entendu a ma sortie du sevrage. De toute part. Famille, amis, relations. Sauf que ce n’est pas aussi simple que cela.
On sort épuisé. Les médicaments genre valium n’aident pas a avoir « une pèche d’enfer », plutôt a avoir envie de rester dans son fauteuil a somnoler toute la journée. De plus, arrêter de boire est un combat. Un combat de boxe. Et pas contre un poids plume. L’alcool, c’est du lourd, un Mohamed Ali, ou plutôt un Mike Tyson a qui vous auriez prêté l’oreille pendant des années. Avant de gagner le match, priant maintenant pour qu’il n’y ait jamais de match retour.

Lorsque je suis sorti de St Anne, j’étais comme un zombie. Et un zombie qui n’avait pas de cerveau a se mettre sous la main. J’ai passé les 2 premiers mois a regarder la chaîne « Cuisine » sans même ouvrir mon ordinateur ou sortir de chez moi plus loin que le magasin ou m’acheter du thé.

Et soudain, on s’éveille.

J’ai eu de la chance. Peut être à cause des médicaments, en tout cas je pense qu’ils ont joué un rôle, je n’ai pas eu d’envie d’alcool. Ou bien très peu. Pas a lutter pour ne pas retomber dans ses démons. Bien sur la bouteille se rappelait a ma présence la nuit, lors de rêves ou de cauchemars. Ou je buvais avec (et la c’était plaisant) ou sans culpabilisation (et la nous tombions dans le régime cauchemar).

Et s’installe la joie. Regarder l’autre, lui parler, redécouvrir la vie. Sans le filtre (philtre) alcool. Tout m’a semblé plus beau. Mon empathie a grandi. J’ai redécouvert mes passions, la photo, avec un œil neuf, et, plus difficile a vivre, un œil plus sévère.

Maintenant, je ne me passe plus rien. Je suis dur avec moi même, et ce n’est pas forcement la meilleure chose. Car bien sur, même sobre, on n’est pas parfait. Ni Superman non plus. Alors, j’ai tendance a voir fous mes petits défauts mes imperfections comme des fautes. Et si ce n’est pas soi même, c’est les autres. Une des premières phrases que m’a dit mon entourage, c’est « maintenant il faut arrêter de fumer ». Heureusement, mes médecins m’en ont dissuadé très vite. « On ne peut pas tout stopper en même temps! »

Très vite, j’ai eu envie de VIVRE. De profiter enfin de cette vie que l’on, que JE m’étais volé a circumnaviguer sur cet océan d’alcool. Seulement, j’étais complètement fauché. Pas seulement au chômage. Sous curatelle aussi. Plus de chéquier plus de cartes de crédit, et 60€ par semaine pour nourrir sa mère, son chat et accessoirement soi-même. Difficile de se reconstruire et de profiter de la vie

J’ai dû aussi faire face a mon nouveau MOI. Celui d’avant l’alcool, sans les lunettes roses de l’intoxication. Plus de « verre pour me donner du courage », plus de « petit whisky » pour faire face au coup de blues. Juste soi-même. Avec aussi j’admets, un peu de chocolat…

En fait, il faut continuer a se soigner. Je vois mes médecins régulièrement, travaille sur moi, tiens un journal et essaye de corriger « l’incorrigeable », ma tendance très prononcée a la procrastination.

À me lire, vous allez vous dire : « Cela valait-il le coup? » Je vous le dis tout de suite, OUI. Au seul souvenir des années passées, de la dépendance, des troubles causés par le manque, de la détestation de soi-même.

Il faut aussi faire face a son sentiment de culpabilité. Comment ai je pu « tomber si bas ». « Faire mal a mes proches » et pour certains (dont je n’étais pas heureusement), se retrouver a payer pour ses alcoolisations passées. Devant la justice, ou devant les médecins.

Pouvoir compter les jours sans boisson est un plaisir immense. Sans que cela devienne une obsession tout de même. Compter journellement au départ, puis les semaines, puis réaliser qu’on ne compte plus que les mois, sont de nouvelles avancées vers la reconstruction.

S’aider et faire aider:

Comme je l’ai écrit précédemment il faut continuer a se soigner. Suivre une psychothérapie, faire partie d’un groupe de soutien, les mouvements bien connus d’anciens buveurs bien sans oublier d’excellents forums sur Internet. Faire du sport. Ne pas négliger le manque de sommeil, et la faim (qui sont deux déclencheurs bien connus de rechute), retrouver une vie sociale (et pas uniquement dans un environnement exclusif d’anciens buveurs), retrouver une vie spirituelle ou philosophique.

Je crois a la puissance de l’écriture. Ainsi que je l’ai écrit plus haut, tenir un journal est extrêmement profitable. Pendant les années d’ivresse, la mémoire nous a souvent fait défaut. Raison de plus pour garder précieusement ces nouveaux souvenirs. Faire des listes aussi! C’est faire des projets.

Quelques mots pour terminer

Ne cherchez pas le bonheur. Trouvez-le en vous, et dans l’instant présent.

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